Photo - Vidéo - Son - Textes | Le GOM : Le CD - Le Texte | La doc | Tous les commentaires (592)

Photo - Vidéo - Son - Textes.../ TEXTES - INFOS/ DISPARITION VIOLENTE DE DJAMEL KELFAOUI, LE GRAND FRERE DE BONDY (+ video)

Les amis de Djamel

Pour rendre hommage à Djamel Kelfaoui et pour marquer leur indignation face à la violente agression dont il a été victime, les jeunes de Bondy, la famille et les amis appellent à un premier rassemblement samedi 30 mai 2009 à 15h, cité de Lattre de Tassigny, en face de la Mairie de Bondy. RER E Gare Bondy. Bus 607, 303 ou 346. Arrêt Mairie de Bondy.

C’est avec consternation que nous avons appris la disparition de Djamel Kelfaoui, le vendredi 22 mai 2009 à Laghouat, en Algérie. Deux jours plus tôt dans une ruelle de la ville, lui et son cousin ont, d’après des témoins présents sur les lieux, une altercation avec un homme qui s’avère être un officier de l’armée et qui leur intime l’ordre de reculer pour le laisser passer.

Sous prétexte qu’il serait colonel, l’officier s’en est pris brutalement à Djamel au moment où celui-ci s’apprêtait à relever le numéro d’immatriculation du véhicule, et lui porte un violent coup au thorax. Malgré la douleur et la rage qu’on lui connait, Djamel a gardé son sang froid et c’est à la brigade de gendarmerie où il est allé porter plainte qu’il est pris d’un grave malaise consécutif à l’agression subie. Après un pic de tension, il fait une hémorragie cérébrale. Son cousin le transporte aussitôt à l’hôpital de Laghouat où il décède après deux jours de coma profond.

La disparition violente de Djamel Kelfaoui est ressentie comme une immense perte par ses amis encore sous le choc, en France et en Algérie. Nous disons notre indignation, nous voulons que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est vraiment passé, et nous réclamons justice. La famille, qui s’est aussitôt rendue sur place, s’est constituée partie civile.

Djamel de Bondy, figure militante de l’action culturelle dans les quartiers populaires

Nous tenons à rendre hommage à Djamel, notre frère et ami. Algérien né à Paris en 1961, il a grandi à Bondy cité de Lattre de Tassigny,. Dès le début des années 80, il mène de front des études de sociologie et de communication à l’université Paris X de Nanterre, et s’investit à fond dans sa ville et son quartier. Il crée l’association SOS ça Bouge et lance le fameux festival culturel Y’a de la Banlieue dans l’air à Bondy, mêlant musique, théâtre, cinéma, sports... et l’organisation de concerts avec des artistes renommés ( Youssou N’dour, Cheb Mami, Mano Negra, Khaled, Zebda...). Cette expérience lui permet d’exprimer sa grande vocation : transmettre son propre amour de la musique populaire aux siens et aux autres, et provoquer la rencontre des générations et des communautés à travers ces musiques. Djamel Kelfaoui fait partie de ces gens qui ont marqué de leur dynamisme et de leur volonté le paysage culturel de Seine-Saint-Denis et au-delà. il est l’un de ces passionnés prêts à déplacer des montagnes pour réaliser ses rêves.

"Des deux côtés de la mer", une même passion

Il était comme ça Djamel ; « perso » et collectif à la fois. Il participe ainsi à l’effervescence politique et culturelle des Marches pour l’égalité, tisse des liens à travers le pays, de Mantes-la-Jolie à Toulouse en passant par Saint-Etienne et ailleurs. La figure de « Djamel de Bondy » marque alors de son charisme les milieux associatifs par son franc-parler, cru, direct, et son refus des compromissions. Il a en lui une grande colère contre la "hagra", l’injustice et les passe-droits. Passionné, il grouille d’idées et de projets, quitte à partir « comme ça », sans autres moyens que la « débrouille ». Après les émeutes d’octobre 1988 à Alger, il va ainsi à la redécouverte du « bled » et de sa jeunesse, avec une démarche de journaliste reporter. Sur place, Djamel se lie d’amitié avec de nombreux artistes et commence à tourner des images "à compte d’auteur".

Dix ans après, il finit la réalisation d’Algérie, la Mémoire du raï, devenu un film de référence retraçant l’histoire du pays en musiques. Désormais, il multiplie les projets des "deux côtés de la mer" Méditerranée et tourne ses propres documentaires, faisant entre autres connaître Kamel Al Harrachi, fils de Dahmane, « le grand monsieur du Chaabi ». Il poursuit aussi son travail sur Cheb Hasni, un autre grand du raï, assassiné en 1994. Idole de la jeunesse algérienne dans les années 90, cet artiste continue d’exprimer les aspirations de la société d’aujourd’hui. Dernièrement, nous avons pu découvrir son film « Cheb Hasni, Je vis encore ». C’est pour continuer la deuxième partie de ce portrait que Djamel était reparti tourner en Algérie. Il disparaît en pleine action, laissant une oeuvre inachevée.

Les amis de Djamel
collectifdjamel@gmail.com


Publié le vendredi 29 mai 2009

9 Messages de forum

  • c’est avec une immense tristesse que j’ai appris le déces de djamel ; djamel que j’ai connu en 1986 dans les mouvements associatifs et ensuite on se revoyait ; je garde un tas de souvenirs, son humour , mais aussi sa passion pour nos causes , contre les injustices et pour la dignité . Djamel était un homme digne et vrai, d’une générosité et une chaleur exceptionnelle . je me souviens de ces interminables débats ou nous refaisions le monde , un monde plus juste ... et puis la musique je suis triste , triste de ne pas t’avoir revu depuis des années triste de voir que tu es mort parce que tu as du raler contre ce sale type qui incarnait tout ce qu’on ne supporte pas, l’arrogance , la hogra , c’est l’injustice contre laquelle tu t’es battu toute ta vie qui a eu raison de toi , et en plus dans le pays de nos peres c’est trop dur
  • REPOSE EN PAIX FRERE DJAMEL. Je t’ai connu à Nanterre en Fac de Sociologie.J’ai participé 2 fois au festival"Y a d’la Banlieue dans l’air". MERCI ! Je viens d’apprendre ta mort aujourd’hui en surfant sur le net.J’espère que JUSTICE sera faite pour toi et les tiens ! REPOSE EN PAIX !
  • C’est vraiment triste, c’est toujours les mêmes qui foutent la pagaille. Dieu un jour dans sa grande bonté punira les méchants et récompensera les bons. Signé un passionné des artistes Algériens.Nasser
  • me condoleances a la familles djamel repose en paix on toublira jamais
  • Le philosophe des deux mondes

    15 juin 2009 13:54, par Richard Monségu

    Bonjour,

    j’ai rencontré Djamel pour la première fois le 14 mars dernier dans le hall de Canal 93 à Bobigny. Je venais à peine de sortir de concert avec mon groupe AntiQuarks. Lui, venait voir la nouvelle formation d’Amazigh (ex-Gnawa Diffusion). Il était là, dans le hall et nos regards se sont croisés.

    Presque naturellement, on a commencé à échanger pour finir autour d’une table à se raconter la vie, nos visions des choses, nos lectures de Sayad et Bourdieu, les jeunes des quartiers, son travail sur Hasni, etc. C’était super, profond et distancé à la fois, comme quand deux êtres se sentent fraternels et se respectent du premier coup, sans fard, sans mondanité, sans obligation.

    Mangeur de vie, pourfendeur de l’injustice, tout à la fois marginal ("Jayah") et philosophe des deux mondes ici et là-bas, il était porteur de toutes ces questions cachées que seuls les hommes audacieux s’autorisent à dévoiler à la face du monde.

    Djamel, c’était l’homme qui rappelait qu’on peut vivre le "nif" de la tradition et la fraternité de la laïcité à la "française". La France de l’espoir. On s’est embrassé chaleureusement et on s’est promis de se revoir...

    Je veux manifester ici mon soutien le plus vif à ceux et celles qui le connaissaient mieux que moi, ici et là-bas, à sa famille, ses amis.

    Nous sommes abattus aujourd’hui. Mais n’oublions pas que ce qu’il a fait de sa vie doit nous servir, d’une manière ou d’une autre, à continuer son travail.

    C’est sûr. Merci Djamel.

    Richard

  • Je viens d’apprendre la mort de Djamel.. de la bouche de ma mère, que je venais voir aujourd’hui pour la fête des mères. Alors en ce jour, une fraternelle et profonde pensée me viens pour la Sienne, que Dieu lui vienne en aide à elle et les siens dans cette dure épreuve de la vie,je leur transmets mes profondes et sincère condoléances.

    J’ai connu Djamel il y a bien longtemps, près de 30 ans...... je ressens aujourd’hui une bien grande tristesse et colère !!! pourquoi autant autant de violence !!!!!!!!

    Ce qui à conduit à la mort de Djamel est INADMISSIBLE ! et justice doit ètre faites.

    Djamel, je t’envoie pleins de fraternelles pensées....

    Paix à ton âme.

    Sonia Ichti

  • Enfin les gens on retrouve la "memoire". L’an dernier Djamel m’avais informe que les organisateurs du festival Y’a de la banlieue dans l’air avais donne son nom a la police et qu’il ne devais pas s’appoche de manu chao. Ou plutot c’etait la rumeur que certaine personne mal intensionne avait reussir a faire circule. Il disait souvant "ou son passe tout mes amis" un pu comme dans la chancson. Je pense que vous avez besoin que l’on vous rappel le "Respect" et "l’amitie".

    "21 ème édition du Festival y’a d’la banlieue dans l’air à Bondy le 20 juin 2009 Toute la programmation sur le site http://www.yadlabanlieuedanslair.over-blog.com Cette année le festival est dédié à la mémoire de notre ami Djamel Kelfaoui disparu de façon violente le 22 mai 2009"

    • je crois qu’il est un peu trop tard pour lui dédier cette 21ème édition du festival "y’a de la banlieue dans l’air", il aurait fallu que djamel soit à l’honneur pour les 20 ans puisque sans lui ce festival n’aurait peut-être jamais vu le jour, mais on a préféré le mettre à l’écart parce qu’il dérangeait certaines personnes par sa façon de penser mais surtout par ses vérités et maintenant qu’il est parti on ressent le besoin de le citer.

      Alors respect et amitié je suis bien d’accord avec toi

      adieu mon frère, j’espère que tu as enfin trouver la paix et pour ma part je te garderai toujours dans mon coeur





Anciennes rubriques :
A l’affiche | Points de vente | Itinéraire | Hébergement